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6 Idées concernant la numérisation

Hernâni Marques

Les deux dernières législatures sont perdues en ce qui concerne une numérisation tournée vers l’avenir. Six idées pour améliorer les choses.

Hernâni Marques est spécialiste en linguistique informatique, sociologue et spécialiste en neuroinformatique, membre du comité directeur du Chaos Computer Club Suisse (CCC-CH) et membre du Conseil de fondation de la p≡p foundation. Il aide à élaborer des outils techniques, de rétablir la sphère privée et il s’engage politiquement en faveur de la sphère privée, de la liberté d’expression et d’information.

1. Suppression de la surveillance de masse
Les moyens de la surveillance de masse, comme l’enregistrement minutieux de toutes les données de mouvement et de contact de la population (Loi fédérale sur la surveillance de la correspondance par poste et télécommunication LSCPT en réserve) et la recherche de mots-clés ou de modèles dans les flux de données (Loi fédérale sur le renseignement LRens), doivent être supprimés. Ils violent de manière flagrante notre sphère privée et présentent un grand risque sécuritaire: Pour les criminels, les données collectées peuvent être utilisées pour l’usurpation d’identité à grande échelle. Elles constituent de ce fait aussi un moyen de chantage potentiel.

2. Fin de la censure sur internet
Avec la loi sur les jeux d’argent, une infrastructure de censure a été établie pour la première fois dans toute la suisse. Déjà dans la loi sur les télécommunications, de nouveaux blocages du réseau contre la pornographie interdite ont été décidés. D‘autres convoitises de l’Etat (pour la «sécurité») et de l’économie (pour le cloisonnement du marché) sont prévisibles. En outre, le dévoiement d’internet ordonné par l’Etat – cette censure n’est en fait rien d’autre – crée des risques sur le plan de la sécurité, permettant aux criminels et aux services de renseignement de tromper plus facilement la population en Suisse.

3. Développement de la protection des données
La loi sur la protection des données de 1992 se retrouve à la traîne par rapport au règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’UE. La révision en cours est controversée. Ce qu'elle apporte réellement reste encore ouvert. Le plus important serait d’infliger des amendes très élevées pour les violations majeures de la réglementation en matière de protection des données. Cela incite à investir plus dans des TIC sûres et décentralisées. Il faut également ordonner chaque fois que possible que la protection des données soit imposée techniquement (principes de « privacy by design» et de «privacy by default»).

L’administration fédérale et les cantons devraient lancer leurs logiciels en open source et avec des libertés pour tous en matière de droits d’auteur, de façon à ce que les conceptions erronées soient identifiées suffisamment tôt et que tout le monde puisse participer.
Hernâni Marques

4. Offensive à tous les niveaux en matière de formation
Dans les écoles, la numérisation doit devenir un sujet pluridisciplinaire: Non seulement les opportunités, mais aussi les risques doivent être des thèmes de discussion et montré-e-s directement aux jeunes (par ex. visualisation du tracking et des flux de données non cryptés). Les étudiants en TIC des écoles de formation professionnelle et des hautes écoles doivent être formés à la programmation sécurisée et respectueuse de la sphère privée, afin d’éviter d’emblée de grosses erreurs lors de la conception et de la mise en œuvre de projets de logiciels et de matériel.

5. Public Money – Public Code
L’administration fédérale et les cantons devraient lancer leurs logiciels en open source et avec des libertés pour tous en matière de droits d’auteur, de façon à ce que les conceptions erronées soient identifiées suffisamment tôt et que tout le monde puisse participer. C’est précisément dans le cas d’infrastructures d’e-gouvernement et d’e-santé (par ex. dossier de patient électronique) qu’une transparence maximale s’impose pour éliminer ouvertement les dysfonctionnements et les failles de sécurité, mais aussi pour rendre plus difficile la mise en place d’échappatoires qui pourraient autrement faciliter la perte de données.

6. Indépendance par rapport aux grands groupes et aux grandes puissances
Ensemble avec des partenaires européens, la Suisse doit mobiliser des milliards pour développer du matériel transparent (appelé matériel libre): Non seulement en ce qui concerne la 5G très discutée (ensuite: 6G), mais également en ce qui concerne les terminaux – des téléphones portables jusqu’aux serveurs en passant par des appareils de l’internet des objets – il est clairement prévisible que la probabilité d’un contrôle extérieur direct – par des portes dérobées dans le matériel – continue à augmenter. Après tout, tous les composants clés utilisés en Suisse viennent directement ou indirectement de Chine ou des USA – des Etats possédant tous deux des capacités d’attaque considérables. Ainsi, non seulement les citoyennes et les citoyens, mais aussi les pouvoirs publics et les entreprises sont toujours plus susceptibles d’être soumis – sur commande – à des chantages ou à des attaques en raison de la progression de la numérisation.